Le saisissant Salvador

Nous sommes entrés au Salvador par la frontière de “las Chinamas”, située de l’autre côté du “Rio Paz” marquant la séparation avec le Guatemala. D’un seul coup, le Guatemala, ses quetzales et ses traditions, se sont évanouis pour nous laisser entrer dans un univers américanisé où les achats se négocient en dollars US. En traversant la frontière, nous avions fait un bon de quelques dizaines d’années dans le temps…

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L’arrivée au Salvador…

Le Salvador fut une belle surprise. Le pays est beau, les gens sont agréables, instruits, cultivés et savent parler parfaitement plusieurs langues (mais surtout l’anglais), la plupart sans jamais avoir voyagé. Ils les apprennent d’abord à l’école puis à l’université pour ceux qui veulent en faire un métier. Les villages, notamment ceux de la route des fleurs sont magnifiques, colorés et bien entretenus. Les murs des maisons et des commerces sont peints de paysages, de faune et de flore du pays, toujours avec des couleurs vives et parfois avec des scènes de vie du présent ou d’antan.

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Village d’Alegria – El Salvador

La nourriture est simple mais délicieuse, composée de poisson et de fruits de la mer, ou de volaille accompagnés de la banane plantin grillée ou frite, de riz et de frijoles. La tortilla est toujours présente mais est encore plus épaisse que celle du Guatemala qui l’était déjà bien plus que la mince tortilla du Mexique. Quant aux paysages, ils sont incroyablement divers pour un pays aussi petit que le Salvador qui ne totalise pas plus de 21000 km². On trouve de tout: des volcans à l’océan en passant par des plaines où on cultive le maïs, la banane et la douceur de vivre. Les semi-hauteurs sont envahies par les plantations de café, qui se déguste facilement à toute heure du jour. La vache constitue une part importante de la population salvadorienne pour sa chair mais aussi pour son lait. Ils en font un fromage frais ultra salé qui n’est pas très bon à manger comme ça mais qui est excellent dans les « popusas », ces petites tortillas fourrées au fromage et accompagnées d’une salade de choux. Le pays a également plusieurs parcs nationaux dont le Cerro Verde qui est constitué de trois volcans dont deux en activité, le Santa Ana et Izalco que l’on peut escalader. Enfin, la côte, bordée par un Pacifique agité, fait le bonheur des surfeurs aussi bien locaux qu’étrangers dont la vie se laisse guidée par le rythme des vagues.

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Plantations de café dans les hauteurs du village d’Apaneca – El Salvador

En 7 jours de vie sur ce petit territoire, partout on se sentait en sécurité et à aucun moment le pays nous a semblé violent ou dangereux selon les dires de sa triste réputation. Pourtant, il y avait l’armée et la police partout. Les randonneurs sont accompagnés de guides plus de policiers diablement armés qui sécurisent la marche. Les militaires surveillent les parcs nationaux jour et nuit afin de protéger les gens comme nous qui y campent et, chose nouvelle, pour protéger les animaux des braconniers… Mais l’atmosphère, même auprès de ces forces de l’ordre armées jusqu’aux dents, nous a toujours semblé douce et agréable. Tellement tranquille que les militaires, n’ayant rien à faire, venaient jaser avec nous, visitaient notre voiture, partageaient notre café et nous racontaient leur pays pendant leur service, histoire de passer le temps…

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Volacan Izalco – Parc national Cero Verde – El Salvador

Mais il y avait des contrastes durs. Sous l’apparence d’un pays développé à cause de toutes ces compagnies américaines qui construisent des centres d’achat au béton bien propre et aux édifices bien finis, se cache une pauvreté extrême. Sur les routes, les gros 4/4 Ford croisent des chariots à roulettes conduits par un homme assis à l’avant, ayant des rennes pour volant et ses pieds pour tout freins. Ces chariots transportaient des rondins de bois, du maïs ou encore des bananes depuis les hauteurs des volcans jusqu’aux pleines. Les campagnes sont sales et les cabanes sont faites de bric et de broc, tandis que plus loin, au bord du lago de Coatepeque les domaines des riches ne se comptent plus. Au bord de l’océan, ce sont les touristes et leur argent qui marquent le contraste. Les hôtels (ou auberges), même faits de paillottes et de hamacs, offrent des chambres et des repas à des prix affreux, pouvant aller jusqu’à 3 fois le prix payé à l’extérieur de l’hôtel, juste au coin de la rue. Ils sont souvent tenus par des étrangers (canadiens ou US) qui emploient des locaux payés au prix local… Comme au Guatemala avec l’auberge de Lanquin, ce climat n’était pas agréable et, au sein même des hôtels (ou auberges), il planait une tension moite qui interdisait le mélange entre locaux et visiteurs… Mais une fois sur les vagues, tout cela disparaît comme nous le faisait remarquer un surfeur venus expérimenter les vagues du Salvador. Ce sont les lois de la mer et du surf qui s’appliquent et la mer ne fait pas de différence de richesse ou de couleur de peau!

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Lago de Coatepeque – El Salvador

Quand à nous qui ne devions rester que trois jours au pays, nous en avons finalement passé sept et nous n’avons pas tout vu … Il parait qu’au Nord, il y a la jungle, la forêt sauvage chargée de l’histoire de la guerre civile qui s’est déroulée au pays dans les années 80. Il parait que c’est beau, que l’histoire est riche et que les randonnées guidées à travers le passé sont intéressantes. Mais nous avions le temps à nos trousses…Car nous devons être à temps au Panama pour la grande traversée vers la Colombie et le Nicaragua nous attend!